Par où commencer?
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Il y a quelques chose qui me fait sourire à l’idée de tenir un blogue en attendant le lancement du site, c’est l’aspect personnel exprimé par l’auteur. Le ton de l’opinion, qui, non seulement est présent sur toutes les bouches, dans les journaux comme dans les discussions, mais aussi dans la façon que nous avons maintenant de relativiser les choses, en disant que les goûts et les couleurs ça ne se discute pas.
Comme si tout ce qui se passait dans la vie pouvait légitimement être traité sur le même piédestal.
Et ce, dans la mesure où l’opinion personnelle est politiquement correcte ( anti raciste, anti ceci et cela, il en va de soi) et qu’elle n’aspire pas à tendre vers une vérité.
Ça veut dire quoi le “personnel” dans “l’opinion personnelle”? J’ai de plus en plus l’impression que l’opinion personnelle est un gros blasphème englobant. Qu’elle ne raconte pas grand chose étant donné qu’elle est personnelle. Le non engagement de soi dans la sphère publique est à la mode, ou mieux encore, l’engagement face à soi-même l’est encore plus. Dans la mesure où justement il n’implique rien par rapport aux autres! Une opinion bien sûr, mais ce n’est pas très méchant et franchement, on se demande encore ce que ca peut manger en hiver, outre de l’attention tout en faisant beaucoup de bruit.
Certes, il demeure que l’opinion est un droit et tout au long de notre vie, on sera amené à la donner. Une liberté, oui, une sonde pour nos gouvernements, et puis quoi? Allons-y donc, de la même considération pour nos irritations, nos coups de coeurs, sans compter, les grands, les savants, les coups d’éclat… plus on se gargarise d’indignation, qu’on plante l’autre ou qu’on s’exprime de jolie façon, plus on réussit son coup… s’exprimer est, à l’heure actuelle, plus valorisé que ce dont on peut même avoir à dire. On dirait une réaction au flux d’information. Peut-être qu’on ne sait pas la traiter, peut-être qu’on est saturé. Alors on parle par-dessus les autres, on ne s’écoute pas vraiment et de toute façon, who cares, ce n’est qu’une opinion… Pour parler ce même langage, je dirais que des fois j’en ai mal au coeur… oui, ça m’écoeure au plus haut point.
La question qu’il serait bien de se poser lorsqu’on donne ainsi son opinion serait : s’agit-il d’avoir l’air d’avoir raison ; de chercher s’il y a lieu d’avoir raison pour enfin être en mesure de trancher? De qui et de quoi parle-t-on lorsqu’on donne son opinion?
Pourquoi donner son opinion est-il intéressant? Est-ce que l’opinion d’autrui peut réellement avoir un impact sur ce qu’on pense? S’il existe autant de façons de voir, vivre et de sentir, est-ce que l’opinion, la conversation et la défense d’un point par rapport à un autre (avec des arguments à l’appui) peuvent aspirer à atteindre une certaine objectivité, une forme de vérité qui serait à part de l’opinion? Est-ce que l’opinion peut participer à l’ébauche d’une vérité? Ou, autre cas possible, est-ce que cette opinion pourrait plutôt être défendue par rapport à soi-même? Dans ce cas, l’enjeu ne serait plus d’avoir raison au nom de quelque chose d’autre que sa propre validation… Bien sûr, il ne faut pas tout systématiser, mais il demeure que cette question peut en soulever bien d’autres.
Il y a ce danger, cette perversion de la prétention dont il faut toujours se garder avec l’opinion personnelle. Une histoire de goût n’est pas nécessairement une histoire de rationnalité, de talent ou de vérité. Il serait peut-être ici pertinent de le rappeler. D’autant plus dans le cadre d’un projet où l’on tente de se comprendre les uns, les autres.
Pour faire le lien avec ce blogue, avec Optik Oblik, c’est qu’une des façons valorisées pour poser des questions passe par le débat. La différence c’est que nous ne cherchons pas l’opinion personnelle en tant qu’auto justification individuelle de bonne conscience mais nous avons un but : le bien commun. Et c’est en tant que société, en tant que partie de la société, que nous nous posons ces questions. De là l’importance de rappeler que l’information peut ré-endosser son rôle primordial (au cas où on la croyait égarée) et qu’aussi racoleuse qu’elle puisse être, l’opinion personnelle ne vaut pas un jugement critique provenant de plusieurs sources d’information. Telle serait là une liberté qui dépasse le cancan (même si cette forme est d’abord nécessaire pour dépasser le bavardage) et parler de quelque chose d’enraciné.
Au fond, c’est à nous de décider. Et de s’informer.
*Voilà donc pour les présentations, n’hésitez pas à réagir, pour une pluralité d’informations… et d’opinions!*
-Aude-

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“Pour convaincre, la vérité ne peut suffire.”
Isaac Asimov